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« Électrique cité » :
journal d’un électricien multimilitant

« Électrique cité », c’est le journal de bord d’un électricien devenu, dix ans durant, juge aux prud’hommes. Mais aussi d’un militant, responsable syndical. Et celui d’un formateur auprès de nouveaux embauchés. Rencontre à Gardanne (Bouches-du-Rhône) avec l’auteur de cette tranche de vie autobiographique, Éric Sordet.

Au départ était un texte. « Plutôt destiné à mes proches, il n’avait pas vocation à être publié. À l’origine, il ne revêtait pas la même forme. Le fond, lui, n’a pas changé. » Épisodes d’une vie démultipliée, faite d’expériences « formatrices » : Éric Sordet y raconte en pointillé son quotidien d’électricien très impliqué dans le combat syndical, propulsé juge aux prud’hommes, puis le retour au travail, ses coups de gueule, ses interrogations, ses convictions. Un récit au long cours et sans langue de bois, du milieu des années 1990 à nos jours, teinté, en filigrane, de références à l’intimité familiale.

La famille justement, puis les collègues invités à lire ce qui deviendra ouvrage poussent Éric Sordet à contacter des éditeurs. « Je pensais n’essuyer que des refus ; trois maisons d’édition m’ont proposé un contrat. » C’est en définitive aux éditions des fédérés, du journal « la Marseillaise », qu’il confiera son manuscrit. Avec l’intention de reverser la totalité des droits d’auteur à l’association Pour que vive la Marseillaise, comité de soutien du quotidien régional, en grande difficulté financière. Au tirage initial de 800 exemplaires s’est ajouté un tirage de 250 volumes supplémentaires. « La CCAS vient d’en commander 80 afin d’alimenter les bibliothèques des centres de vacances. »

 

Des entreprises au syndicalisme

D’abord électricien artisan, Éric Sordet entre en 1989 comme magasinier à EDF-GDF. S’ensuite un parcours professionnel technique comme agent d’intervention. Ce fils d’agent militant syndical embrasse la vocation paternelle : repéré lors de réunions pour son intérêt pour les problématiques liées au monde du travail, il s’investit à la CGT où il exercera de nombreux mandats. « Correspondant de la SLVie de Gardanne, administrateur de la CMCAS Marseille, membre des nouvelles IRP, secrétaire de CHSCT… », égrène-t-il. Jusqu’à devenir le secrétaire général de la CGT Énergie Provence puis secrétaire régional PACA Corse de la Fédération de l’Énergie et enfin élu au conseil national, branche des IEG.

 

Nature humaine

L’engagement d’Éric Sordet porte sur l’humain. Sûrement aussi le fruit d’une décennie passée, de 1997 à 2007, en tant que juge prud’homal. Une expérience « qui a beaucoup compté et m’a forgé. La première fois que j’ai siégé, j’étais un peu perdu ! J’ai beaucoup appris, aussi bien en matière d’application de la loi que sur la nature humaine. J’y ai vu des choses que je n’imaginais pas possibles en France ».

« Les prud’hommes ressemblent parfois à une formalité pour les entreprises, notamment les grands groupes. Il arrive même que les indemnités soient budgétisées d’avance en vue de licenciements ou d’éventuelles condamnations, laissant peu de chance aux salariés de retrouver leur emploi. »

Puis l’envie de retrouver le terrain, « surtout pour transmettre, et aussi ne pas donner l’image de permanents syndicaux éloignés du terrain et des préoccupations quotidiennes des agents ». Le natif de Pertuis (Vaucluse) rend ses mandats, décide de reprendre une activité à temps plein. Il sera formateur, à la faveur de l’ouverture d’un centre de formation dans la ville de Gardanne, dont il prend peu après la direction. Éric y forme de nouveaux embauchés. En dehors des cours techniques, l’homme est parfois confronté à des débats qui vont au-delà, comme lorsqu’il évoque ces jeunes attirés par le vote d’extrême droite. « Un vote de réaction. » « Sans mélanger les genres », il tente alors de « faire passer des idées dans un but émancipateur ».

Ce fils de famille soudée et nombreuse – il a trois frères et quatre sœurs – se souvient d’une « mère italienne qui a consacré sa vie à ses enfants et n’aurait sûrement jamais goûté aux vacances sans les centres CCAS, leurs toiles de tente et leurs glaciaires ». Aujourd’hui, il a fait le choix de prendre de nouveau des responsabilités syndicales, et vient de s’engager pour la première fois en politique.

« Électrique cité », d’Éric Sordet, les éditions des fédérés – La Marseillaise, 2016, 124 p., 15 euros.

 

La totalité des ventes sera versée au journal « la Marseillaise ».

Dotation livres CCAS : retrouvez ce livre dans vos centres de vacances, en CMCAS et en SLVie.

 

Le  Journal des Activités Sociales de l'énergie - Anne-Aurélie Morell - Photo Éric Raz

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