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Emmaüs a besoin de nous

C’est une première : Emmaüs France lance un appel aux dons. Jamais encore l’association, fondée en 1949 par l’Abbé Pierre (lire encadré), n’avait ainsi sollicité la générosité du public – depuis le fameux appel de l’abbé, le 1er février 1954.

 

Cinq millions d’euros nécessaires

Cinq millions d’euros sont nécessaires à Emmaüs pour permettre à ses 300 communautés de survivre aux deux mois d’inactivité liés au confinement, qui empêche les compagnons (près de 7 000 en France) de mener leurs activités de récupération et de revente, unique source de revenus pour venir en aide aux plus démunis.

Jusqu'à présent, pour soutenir les communautés Emmaüs, il suffisait de donner les meubles, objets et vêtements dont on voulait se débarrasser : il était aussi possible d’aller en acheter dans leurs entrepôts, une fois que les compagnons les avaient rénovés. Aujourd'hui, avec le confinement, tout est à l'arrêt. Pour Emmaüs, qui ne reçoit pas de subventions, c'est une catastrophe : ces ventes étaient leur seul revenu.

 

Déjà 1,4 million récolté

Tous les compagnons et les personnes en situation de pauvreté et d’exclusion aidés par Emmaüs sont aujourd’hui en danger. Issus de la rue, ces hommes et ces femmes, qui vivent ensemble dans des centres accueillant entre 30 à 60 personnes, partagent leurs repas et travaillent ensemble pour le bénéfice de leur communauté.

Lancé il y a moins d’une semaine, l’appel a déjà permis de récolter 1,4 million d’euros. « C’est la preuve qu’Emmaüs fait partie du patrimoine de la France », estime le délégué général d’Emmaüs France, Jean-François Maruszyczak.

Pour aider Emmaüs : https://soutenir.emmaus-france.org/b/mon-don

 

L’insurrection de la Bonté

L’Abbé Pierre, de son vrai nom Henri Grouès, est à l’origine d’un mouvement qui rassemble aujourd’hui 7 000 compagnons et 18 000 adhérents. Longtemps personnalité préférée des Français, il a su créer un Mouvement fondé sur une intuition inédite. En 1949, appelé au chevet d’un ancien bagnard qui vient de faire une tentative de suicide, il lui dira cette phrase fondatrice : « Je ne peux rien te donner. Mais, toi qui n’as rien, au lieu de mourir, viens m’aider à aider ». Une vie communautaire s’organise alors dans la maison qu’il a achetée à Neuilly-Plaisance, autour de l’activité de chiffonnier… Une activité toujours centrale chez Emmaüs ! Après les ravages de la guerre, les rigueurs de l’hiver 1954 tuent. Dans un contexte de grave pénurie, l’Abbé Pierre lance un célèbre appel sur les ondes de Radio Luxembourg. C’est le point de départ de ce qu’on appellera « l’insurrection de la bonté ». Aujourd’hui, 60 ans après cet appel et cet élan de solidarité, le Mouvement Emmaüs reste fidèle à son fondateur et poursuit, jour après jour, son combat.

Fathi Bouaroua (Emmaüs Pointe Rouge) : les familles pauvres de Marseille sont en danger !

Co-Président de la Communauté Emmaüs de la Pointe-Rouge à Marseille, Fathi Bouaroua nous explique l’urgence de la situation.

 

Pourquoi cet appel aux dons d’Emmaüs ?

Fathi Bouaroua : Effectivement, c’est quelque chose que nous n’avions jamais fait jusqu’à présent, parce que pour nous, Emmaüs c’est l’idée que nos compagnons, qui viennent de la rue, peuvent vivre de leur travail et retrouver de la dignité, sans faire la manche. Sauf que la situation nous oblige aujourd’hui à faire appel à la solidarité.

 

Quelle est la situation à Marseille ?

A la Pointe Rouge, nous avons 71 compagnons, que nous nourrissons et à qui nous donnons chaque jour un petit pécule. Nous devons aussi payer les loyers, la location des camions, les salaires, l’essence, l’électricité… Et aujourd’hui, nous n’avons plus aucune recette pour faire face à ces dépenses. Il n’y a pas de chômage partiel pour nos compagnons ! C’est la raison de cet appel aux dons. Pour autant, nous ne restons pas inactifs, loin de là !

 

Dans la rue depuis le 17 mars

 

Quelles sont vos actions aujourd’hui ?

Dès le 17 mars, nous étions dans la rue, pour servir un petit-déjeuner aux sans-abri, et aider les familles les plus démunies. Notre action s’est élargie aux cités populaires, où nous avons été rejoints par les enseignants et les travailleurs sociaux. Chaque semaine, nous livrons trois tonnes de denrées alimentaires au McDo de Sainte-Marthe, et une tonne aux écoles. Nous fabriquons aussi  des masques et du gel hydroalcoolique, que nous distribuons aux SDF.

 

Quels sont vos besoins ?

Nous avons besoin de tissu et d’élastiques pour fabriquer nos masques. Pour le gel, il nous faut de l’alcool à 90° ou de l’éthanol à 96%, et surtout des flacons, qui sont introuvables. Mais pour les familles les plus pauvres, il y a un manque extrêmement important de lait infantile et de couches pour bébés. Même la maternité de l’Hôpital de la Conception a fait appel à nous !

 

Comment peut-on vous aider ?

Nous avons déjà distribué plus de 30 000 couches, et nous avons créé un site internet de collecte solidaire, que nous avons baptisé Massalia Couches System. Les gens qui le désirent peuvent aussi nous apporter physiquement des produits pour bébés, au 15 Boulevard de la Liberté à Marseille, entre la Gare Saint-Charles et les Réformés. Je veux souligner la grande générosité des Marseillais, même les moins argentés. Certains d’entre eux, au RSA, nous offrent un paquet de pâtes à la sortie de l’épicerie… C’est un élan formidable.

 

Propos recueillis par Paul Corinthe

 

Pour soutenir Emmaüs Marseille : https://www.helloasso.com/associations/aouf/collectes/massalia-couches-system

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